RENCONTRE AVEC LE MAÎTRE DE CHAI

mars 06, 2020

RENCONTRE AVEC LE MAÎTRE DE CHAI

Visite privée dans le secret du Chai

Lorsque Jocelyne et Jean-Louis Sibuet acquièrent la Bastide de Marie, huit hectares de vignes l’entourent de leurs pieds protecteurs, producteurs d’un raisin généreux et joyeux, gorgé du soleil de Provence. Rencontre avec l’enfant du pays Arnaud Bressy, maître de chai qui, ayant tout appris des anciens d’ici, a donné naissance au vin made in Sibuet, un vrai vin de terroir.

Et l’amateur de breuvages divins devint vigneron… Les premières vendanges ont lieu en 2000, un tournant dans la vie de Jean-Louis Sibuet, qui produit son propre vin estampillé Lubéron. Petit à petit, il a racheté des parcelles de vignes qui cernaient les siennes, pour arriver au total actuel de 24 hectares. Un domaine humble en terme de taille mais qui bénéficie d’une belle reconnaissance des professionnels du secteur. « On est sur des vins minéraux, clairement estampillés Lubéron. Tout en allant sur le fruit, on demeure dans la lignée des vins de la région. On reste sur la typicité du terroir» explique Arnaud.

Arnaud Bressy rentre d’une parcelle qu’il est allé vérifier, nous sommes en pleine période de vendanges, le temps lui est compté. Qu’à cela ne tienne,le maître de chai nous guide à travers les barriques de bois, destinées à l’élevage des vins rouges, poursuit en direction du chai à cuverie inox. Ces cuves thermo-régulées, dernier cri, sont destinées à la vinification des vins blancs et rosés. Trois ou quatre mois seront nécessaires pour les amener à maturité, avant la mise en bouteilles. « Le rosé est très tendance, cela fait des années qu’il se trouve en croissance sur le plan mondial » précise l’homme de l’art. « Ici, on le consommait d’antan au rythme du chant des cigales. Dorénavant, il s’invite à table toute l’année. Nous donnons naissance à un rosé pas compliqué, frais, désaltérant. Sa notoriété commence à devenir importante. Le domaine est en progression, c’est gratifiant. » Et cette reconnaissance gratifie particulièrement le travail du maître de chai, présent depuis le début : les Sibuet lui ont laissé carte blanche. « J’ai fait le tour du vignoble avec Jean-Louis Sibuet, j’avais des béquilles aux pieds, je m’en souviendrai toujours, puis mis cartes sur table : avec une orientation complètement bio, voilà comment je comptais m’y prendre. Jean-Louis Sibuet m’a fait confiance d’emblée. Cette aventure est exaltante, je suis parti de zéro et j’ai travaillé dans un tel climat de liberté… » Sa liberté, il l’a utilisée en faisant du respect du terroir sa priorité, pour ne pas « travailler en dépit du bon sens ». « Nous n’utilisons pas de désherbant préférant travailler avec des solutions mécaniques. » Au final, Arnaud n’a pas de vin favori ou de fierté pour une cuvée particulière, plutôt par sa gamme, justement, qui offre une belle harmonie : « Ma fierté ? Avoir trouvé une place pour chaque vin, avec nos trois terroirs différents et la subtilité de chacun. » Expositions diverses, sols argilo-sableux, terrains en côtes exposées Sud-Ouest, au couchant, toutes les configurations donnent des expressions différentes.

Garder les vieux cépages nobles

Mais la visite se poursuit à l’intérieur du chai et Arnaud nous ouvre les portes d’une étonnante cuve rouge d’un vermillon brillant. « Cette cuve en époxy, enterrée dans la roche, nous permet de faire des élevages longs. J’ai de très belles Syrah dans la cuve de gauche, pour le N°1, notre haut de gamme. Elles sont exceptionnelles, je ne veux pas que le bois les modifie, elle est parfaite comme elle est. Elle va continuer à s’élever sans modification aromatique. » L’élevage en barriques de chêne, lui, sert à affiner les tanins. « Dans le bois, le vin respire. La micro-oxygénation se fait tout en douceur, le vin encore jeune a le temps de combiner l’oxygène pour se bonifier. » L’AOP Lubéron, lui aussi, est encore jeune, puisque l’appellation a vingt-cinq ans, mais il y a une vraie identité sur ces 3500 hectares. Une vraie diversité, aussi, et le domaine de Marie n’est pas en reste. « Garder les vieux cépages nobles, enlever les moins qualitatifs, voilà comment nous avons commencé. Aujourd’hui, nous avons bien compris notre terroir, c’est pourquoi nous sommes appréciés des connaisseurs, avec notre rosé emblématique de la Provence, de l’été, dans l’imaginaire collectif mais aussi avec notre Viognier, par exemple. » 100 % viognier, le blanc un peu « gastro » de la Bastide est complexe, riche. Très aromatique, il excelle avec un foie gras, mais pas seulement. Le rouge N°1 – cépages grenache, syrah, mourvedre – naît sur des vignes de 25-30 ans. « On sent une certaine élégance dans cette cuvée, avec des tanins fondus, pour un mariage subtil avec une caille ou une côte de bœuf. » On trouve aussi le coup de cœur de la rédaction, la cuvée Le. Pour Le millésime. La parcelle. Le cépage. The, en somme. « On est sur 90 % de grenache de plus de 40 ans d’âge, de vieilles vignes sur une parcelle d’une concentration exceptionnelle. Le rendement est très faible, on ne le sort que sur des cuvées exceptionnelles comme 2001, 2003 ou 2007. Les racines y sont parties en profondeur, elles nous offrent vraiment le goût du terroir. C’est incroyable ce qu’on peut faire dire à notre terre par l’entremise de notre vin. »





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